Styles et pratiques

Outre la possibilité de réaliser des tatouages en noir et blanc ou en couleurs, il existe de nombreux styles et pratiques différents.

Cette liste n’est pas exhaustive. L’art du tatouage est en perpétuelle évolution et de nouveaux styles font régulièrement leur apparition.

  • Tribal: le tatouage de style tribal propose un graphisme en lignes épaisses, le plus souvent en noir ou plus rarement en dégradés de gris. Les motifs sont inspirés de symboles rituels primitifs ou représentent plus simplement des motifs abstraits. Ce style de tatouage est souvent réalisé sur l’épaule ou en bracelet autour du bras chez les hommes et dans le bas du dos chez les femmes.

 

  • Pointillisteou Art du point (dot-art ou dot-work pour les Anglophones) : le graphisme du tatouage est réalisé partiellement ou intégralement à base de points, donnant ainsi des effets de matières inédites en tatouage. Ce style est largement inspiré du pointillisme utilisé dans la peinture impressionniste. Cette technique rappelle dans une certaine mesure les tatouages handpoke. Selon donc que l’objectif soit d’obtenir un résultat similaire aux tatouages traditionnels sans machine ou de représenter un motif nécessitant le point par point.
  • Réaliste: le style réaliste consiste à exécuter des motifs de la manière la plus réaliste qui soit, les plus réussis donnent même l’impression de voir de véritables photos. Les tatouages réalistes les plus courants sont les portraits.

 

  • Asiatique : le style asiatique s’inspire de l’art asiatique et utilise souvent des représentations de dragons, de poissons (plus particulièrement la carpe koï), de Bouddha, ou encore de kanjis. Le style de dessin est très proche des anciens dessins et estampeschinoises et japonaises. Par ailleurs, il faut différencier le style asiatique de l’Irezumi, ce dernier ne concerne que les tatouages de grande taille réalisés de manière traditionnelle.
  • Celtique : le tatouage celtique est constitué de motifs inspirés de l’art celtique (entrelacs et croix celtiques, créatures mythologiques, etc.). Il est le plus souvent en noir.
  • Polynésien : le tatouage de style polynésien est caractérisé par des motifs traditionnels issus de la culture polynésienne. Le tatouage est réalisé uniquement à l’encre noire et est composé de lignes courbes ou de représentations stylisées d’animaux (requin, tortue, lézard, etc.).
  • Old schoolou « traditionnel » : les motifs old school sont exécutés selon les principes traditionnels occidentaux. Il est réalisé avec des contours épais, de fortes ombres noires et utilise des couleurs primaires vives. Les dessins sont souvent d’inspiration rock ‘n’ roll et reprennent des thèmes des années 1950 et 60. Des dessins de pin-up, de rose, de tigre, de cartes à jouer, d’hirondelles et de portraits ou encore des symboles militaires ou maritimes sont des exemples très répandus de ce style de tatouage.
  • New school: le style new school est une version modernisée du style old school. Les motifs sont toujours très colorés mais contiennent plus de dégradés, et sont d’inspiration plus moderne. Les lignes sont larges et marquées, et on y retrouve une inspiration proche de la bande-dessinées, des comics ou du manga.
  • Biomécanique: le tatouage de style biomécanique incorpore des composants mécaniques, organiques et biologiques. Il peut être réalisé de manière à donner l’impression que le motif se trouve sous la peau ou la déchire. C’est un style de tatouage largement présent dans la communauté cyberpunk et s’inspire largement de l’univers de la science-fiction.
  • Gothique : les motifs de style gothique sont d’inspiration gothique, macabre ou gore, ils sont très souvent réalisés en noir et dégradés de gris. On y retrouve beaucoup de représentations de monstres ou de créatures fantastiques, mais encore des démons, des crânes ou la faucheuse.
  • Abstrait: le tatouage abstrait n’est pas un style à proprement parler, il s’agit de motifs abstraits pouvant être réalisés dans n’importe quels styles. Par exemple de nombreux tatouages tribaux ou polynésiens sont des motifs abstraits.
  • Water Color et splashing: Le Water Color est une technique de tatouage réalisé dans un style aquarelle. Des couleurs vives généralement mélangées avec un effet de transparence souvent utilisé pour faire des fonds sur un motif plus réaliste, le splashing étant une composition abstraite comme une forme de jeté d’encre ou tache de couleur.
  • Lettrage: le tatouage lettrage consiste à se faire tatouer une phrase, un mot, une lettre. Il est très apprécié et populaire car il peut notamment représenter une citation, une histoire propre à chacun, rendre hommage à un être cher. Il peut être discret ou voyant, et être placé à n’importe quel endroit du corps. De plus, la diversité des polices de caractère est très grande, ce qui en fait un style très riche.

Technique de tatouage :

Plusieurs techniques d’encrage peuvent être utilisées et cela à l’aide d’outils différents. Il existe des procédures dites traditionnelles. Tel que la suture utilisée par les Inuits en Antarctique. Cette technique utilise comme outil un fil de tendon de caribou imbibé de suie, que l’on va ensuite passer dans une aiguille. Le fil sera alors passé à travers la peau à de multiples reprises par points. Il existe également le tatouage par piqûre. Par exemple selon la tradition, les cultures tribales créent leurs tatouages à l’aide d’outils aiguisés. Le plus souvent fabriqués avec des os, ces outils sont affûtés en forme de peigne ou de poinçon. Les pointes du peigne sont ensuite trempées dans l’encre, puis le tatoueur vient le frapper avec un petit bâton afin de faire pénétrer les pointes dans la peau et d’y insérer l’encre. S’ajoute à ces48 méthodes, le tatouage par incision (aussi appelée la coupure). Cela consiste à inciser la peau puis à frotter la coupure avec de l’encre, des cendres, ou d’autres pigments. C’est une méthode pratiquée notamment par les Aïnous d’Hokkaido. Les Aïnous incisaient à l’aide d’un couteau en obsidienne (nommé makiri), ils frottaient ensuite la plaie avec de la suie ou de la cendre d’écorce de bouleau. Les tatoueurs peuvent avoir recours à des instruments manuels simples qu’ils ont créés. Au Japon, le tatouage traditionnel, aussi appelé Irezumi, se réalise à l’aide d’aiguilles fixées au bout d’un manche de bambou, à la manière d’un pinceau. Une fois les aiguilles imprégnées d’encre, le tatoueur les fait pénétrer dans la peau par un mouvement de va-et-vient.

Pour avoir de fines lignes on utilisera de une à trois aiguilles. Pour un rendu épais on peut aller jusqu’à une trentaine d’aiguilles. De manière générale, ces techniques de tatouage sont très douloureuses car les outils utilisés sont assez grossiers.

De nos jours, la méthode la plus répandue est d’introduire l’encre dans la peau avec un dermographe. C’est un appareil composé de fines aiguilles attachées à une barre au travers d’un canon électrique. Lorsqu’il est enclenché, les pointes se déplacent rapidement de haut en bas et permettent l’insertion de l’encre entre le derme et l’épiderme. Il existe plusieurs formes d’aiguilles : on trouve notamment les aiguilles liners, qui sont utilisées pour tracer les lignes et contours d’un tatouage, et les aiguilles magnums, utilisées pour faire le remplissage. Mais il existe aussi d’autres variantes en fonction des besoins ou du résultat recherché par l’artiste et/ou le client. Toutes ces aiguilles existent dans différentes tailles et comprennent donc un nombre variable de pointes51.

Selon le type de tatouage (noir ou couleur), la quantité et la concentration d’encre utilisée est modifiée. Une encre noire diluée permet, par exemple, d’obtenir des nuances de gris afin de réaliser des dégradés. Les encres de couleurs sont, quant à elles, plus généralement mélangées pour créer d’autres nuances.

Quelle que soit la méthode employée, la pratique du tatouage reste quelque chose qui peut être difficile à supporter. Lors de la séance, le tatoué ressent généralement des sensations allant d’une simple gêne à une douleur aiguë selon sa sensibilité et selon l’endroit tatoué. De plus, ces sensations augmentent durant la séance, ce qui rend les tatouages de grandes tailles souvent pénibles à réaliser en une fois.

Les tatoueurs ne dépassent que rarement des séances de 8 heures, car l’endorphine diffusée par le corps afin de calmer la douleur n’agit pas plus longtemps. Les tatoueurs se consacrent en général à un client à la journée pour réaliser la pièce complète. Pour les grosses pièces les séances journalières peuvent aller jusqu’à 10 heures de tatouage, en fonction de la capacité de résistance du tatoué.

Réglementation

Quelques pays européens commencent à disposer une réglementation dédiée au tatouage. En l’absence de réglementation, la clientèle doit le plus souvent s’en remettre au sérieux et à l’éthique de chaque professionnel, et/ou à l’affiliation de certains tatoueurs à des associations professionnelles.

La France dispose d’une réglementation sanitaire depuis 2008, définie par le décret no 2008-149 du 19 février 2008 qui fixe les conditions d’hygiène et de salubrité relatives aux pratiques du tatouage avec effraction cutanée et du perçage, et modifie le code de la santé publique (dispositions réglementaires). Le décret impose que les activités de tatouage et « perçage corporel » soient déclarées en Préfecture et réalisées par des personnes ayant suivi une formation obligatoire à l’hygiène.

Le matériel pénétrant la barrière cutanée ou entrant en contact avec la peau ou la muqueuse du client et les supports directs de ce matériel doivent être soit à usage unique et stériles, soit stérilisés avant chaque utilisation. Le matériel jeté ainsi que les déchets produits sont assimilés aux DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) et doivent être éliminés selon les mêmes dispositions80. Les produits de tatouage sont clairement définis et doivent respecter des règles précises, définies par le décret no 2008-210 du 3 mars 2008 qui fixe les règles de fabrication, de conditionnement et d’importation des produits de tatouage, et institue un système national de vigilance et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires). De plus, les locaux doivent comprendre une salle exclusivement réservée à la réalisation de ces techniques.

Les tatoueurs et perceurs doivent informer leurs clients, avant l’acte, des risques auxquels ils s’exposent et, après la réalisation de ces techniques, des précautions à respecter. Cette information doit également être affichée de manière visible dans les studios84. Ils doivent aussi vérifier que leurs clients soient majeurs, car les tatouages et piercings sont interdits sur une personne mineure sans le consentement écrit d’un parent ou tuteur légal.

Les professionnels qui ne respectent pas les différentes mesures exigées s’exposent à des contraventions de 5e classe, soit des amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros.

Popularité

Dans de nombreux pays, le tatouage est longtemps resté impopulaire, notamment à cause des catégories d’individus se faisant tatouer. Marie Cipriani-Crauste, psychologue au Centre d’ethnologie français, explique à propos des personnes réticentes : Les images négatives prédominent. Elles associent ces types de parures à la délinquance et au refus de se plier aux normes d’une société.

Ainsi, au Japon, le tatouage est longtemps utilisé comme châtiment servant à marquer les criminels, devient décoratif et populaire sous l’époque Edo (1603-1868), est interdit au début de l’ère Meiji (1868-1912), puis à nouveau autorisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : depuis, il est cependant controversé en raison de son association aux yakuzas. Il est encore souvent interdit dans les bains publics, les sources d’eau chaude, certaines entreprises et même les salles de sport. Dans de nombreux pays, la population criminelle et carcérale se fait largement tatouer et de ce fait le tatouage a depuis longtemps une mauvaise connotation.

C’est à partir des années 1980 que le tatouage émerge des groupes et des contextes marginaux.

Cependant l’engouement pour le tatouage reprend depuis les années 1990-2000 et de nombreuses personnalités de la musique, du sport et des médias se font tatouer de plus en plus ouvertement, ce qui se voit. La majorité des artistes de musique rockheavy metalhip-hop ou encore R’n’B portent des tatouages. De plus, l’effet de mode a tendance à se mondialiser et de nombreux jeunes changent les vieilles idées, ce qui fait que de plus en plus de personnes se font tatouer ou acceptent mieux le tatouage91. En 2003, 31 % des Français de 11 à 19 ans se disent tentés par un tatouage92. Le tatouage est plus répandu aux États-Unis qu’en France : d’après un sondage de l’institut Harris Polls, en 2008, 40 millions d’Américains seraient tatoués, ce qui représente 16 % de la population93 contre « seulement » 10 % des Français selon l’institut IFOP.

Depuis, les chiffres ont considérablement augmenté : l’institut Harris publie en 2012 un nouveau sondage sur les États-Unis : 21 % de la population américaine possède un ou plusieurs tatouages, soit une augmentation de cinq points par rapport à l’étude de 2008.